Filière Hévéa : les usiniers plaident pour une révision de la fiscalité et la suppression des exportations pour améliorer leur compétivité

Premier producteur africain et septième mondial, avec 60 % de la production d’hévéa sur le continent, soit 350 000 tonnes environ, la Côte d’Ivoire accorde une importance particulière à la filière hévéa, tant au niveau de la production qu’au niveau de la transformation.

En 2016, le verger planté était estimé à 550 000 ha par 160 000 planteurs couplée à une production usinée de 421 000 Tonnes par 18 unités de transformation.

Après l’embellie des cours internationaux de 2009 à 2011 dont les retombées sur les prix aux producteurs ont suscité un réel engouement pour l’hévéaculture, la tendance s’est brutalement inversée en 2012 et les cours ont chuté en moyenne de 20% par an, entraînant une baisse des revenus de tous les acteurs de la filière et le déficit de la quasi-totalité des usines de transformation durant trois années consécutives.

Depuis le début de l’année, la tendance baissière s’est clairement inversée insufflant un nouvel élan au sein de la filière.

Cependant du point de vue des usiniers, la relative remontée du cours observée ne sera pas suffisante pour estomper leur situation de fragilité. Ils se doivent d’accroître leurs capacités pour absorber la production sans cesse croissante et de faire face aux charges des emprunts contractés pour maintenir leurs exploitations mais cela sera contrarié par la reprise du paiement de la taxe sur le caoutchouc granulé spécifiée.

En effet, ladite taxe instituée au taux de 5% du Chiffre d’affaires par l’annexe fiscale 2012, a été remaniée et s’applique lorsque le cours moyen mensuel dépasse les 1 000 F CFA. Avec un prix qui tourne autour de 1 300 F CFA depuis le début de l’année, le montant de cette taxe devrait atteindre 3,5 % des revenus des usiniers. Selon les usiniers, l’application de la taxe est de nature à réduire leur trésorerie et leur capacité d’autofinancement, mettant en mal l’extension de leurs capacités de transformation et d’absorption de la production agricole.

Aussi, la conjoncture défavorable des dernières années a-t-elle favorisé l’installation d’acheteurs de caoutchouc frais qui l’exportent en l’état sans procéder au paiement de la taxe sur le revenu des producteurs et aux prélèvements institués pour le fonctionnement de la filière. Le manque à gagner de cette pratique est évalué en 2016 à 1,194 milliards de FCFA pour 75 600 T de caoutchouc frais exporté.

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